Une chanson d’amour

(2 avis client)

0,99 

Votre achat contiendra un fichier epub téléchargeable sans DRM.

Après votre achat, vous pourrez également lire le texte directement sur cette page web.

Catégories : ,

Description

1943. Un jeune résistant tient un soldat allemand dans la mire de sa carabine. Mais au moment de tirer, voilà que le soldat entonne une chanson familière…

Si cela vous rappelle quelque chose, c’est que cette nouvelle s’inspire pour son point de départ d’un célèbre romancier de l’après-guerre, mais en entraînant rapidement la fiction dans de nouvelles directions insoupçonnées, jusqu’à New-York dans les années 50 et une salle de classe de collège près de 30 ans plus tard.

Cette nouvelle publiée pour la première fois dans la revue Harfang n° 49 en novembre 2016 compte environ 2600 mots (10 pages).

2 avis pour Une chanson d’amour

  1. Sophie Vigreux (client confirmé)

    Fan de l’écriture d’Antoine Bargel depuis la lecture de « Ma vie parfaite » (roman haletant que je recommande vivement) et « La balance des sentiments », je me suis régalée à la lecture de « Une chanson d’amour », nouvelle magistrale écrite avec son brio habituel. En effet, l’écrivain balade son lecteur qui se laisse mener à l’inattendu jusqu’à la chute. Et c’est là un plaisir jubilatoire .

    • Antoine (client confirmé)

      Merci Sophie ! Je donne donc le lien de La balance des sentiments, bien que ce ne soit encore qu’un « work in progress »!

  2. Philippe Le Moigne (client confirmé)

    Le cadre de la nouvelle est propice à une écriture par touches, de type impressionniste, comme cette impression visuelle des cheveux noirs, ceux de l’Allemand (anonyme) et ceux de Yehudi (« le juif »), ou le fil conducteur de la langue allemande, qui apparaît pour la première fois, dans le texte, dans la bouche de l’occupant, puis dans l’analepse où le narrateur avait besoin de la traduction de Yehudi, narrateur qui fera de l’allemand son métier.
    Il y a surtout le jeu subtil d’entremêlement des temporalités, peut-être annoncé dès la première phrase, avec un emploi du passé composé qui pourrait rappeler Camus. De « cet après-midi de septembre 1943 » on passe à 1936, pour retourner à ce moment (« en cet instant ») de l’embuscade, avant de très fugitivement glisser « le soir même » et « quelques semaines plus tard », pour en revenir une nouvelle fois à la scène initiale. Sans aucune transition, on passe au temps zéro fictif de l’écriture, avec cet « Aujourd’hui » arbitrairement ( ?) placé à la fin des années septante. Avec la même brutalité de l’asyndète, la scène se déplace, et cette fois ultimement, en 1950, avec toujours ce passé composé qui en réalité décompose toute perspective chronologique (on ne peut faire autre chose que de s’attendre à un * « j’avais retrouvé Yehudi à New York »).

    Pour qui sait lire le texte, ou plutôt le relire, il n’y a que trois empois de l’indicatif présent dans la nouvelle, tous trois renvoyant au temps zéro de l’écriture : « Yehudi est plein de ce genre d’idées », « il n’a de cesse » et « il dit » (l’interprétation comme passé simple est exclue). L’auteur nous dit ici, mais subtilement, que dans ce temps zéro le narrateur et son éphémère ami d’une « enfance interrompue » se fréquentent. Ce pourrait être un indice destiné à préparer le lecteur à la chute.

    Dans le même sens, mais avec des mots, on peut songer à l’aspect androgyne du jeune invité de 1936, et à l’opposition, dans un premier temps, entre la première impression du narrateur de douze ans (« j’avais cru d’abord qu’il était une fille » ; « la contradiction que représentait pour moi une créature si délicate avec la condition de garçon ») et l’injonction à, au sens littéral, l’homosexualité proférée de manière hétéronome (refrain « les garçons » dans la bouche de la mère) ; on peut songer aussi à la différence de goût pour tel ou tel type de jeu qui distingue les enfants : « J’aimais — déjà ¬— les jeux de guerre », où la métaphore du sport, qui précédait immédiatement, est élucidée et où l’adverbe de temps en incise nous renvoie — déjà, précisément, avant son retour narratif — à la scène initiale, laquelle de son côté avait induit ce flash-back ; tandis que Yehudi préfère les jeux narrativisés : « Yehudi aimait les personnages, pas l’action », ce qui peut d’autant plus annoncer sa future carrière de comédien que le paragraphe suivant contient la formule « l’action du drame », où l’on pourra lire à postériori drame au sens de « pièce de théâtre » (cf. aussi « les rôles distribués »).

    Le parallélisme entre les deux « représentations » est accentué par la manière ouvertement sensuelle dont est décrit l’interstice de temps séparant le jeu proprement dit du retour au monde des adultes, au sein duquel des enfants pré-pubères redeviennent irrévocablement tels : « nos corps immobiles » ; « les yeux pétillants » ; « je sentais comme un vertige qui me happait vers lui. Le souffle court, j’avais envie de le serrer contre moi ». À Broadway, quatorze ans plus tard, après le « frisson » de la reconnaissance et deux représentations d’une pièce dont le titre contient le mot désir (ce temps de deux représentations peut mimer l’aspect répétitif des jeux de 1936, évoqués à l’imparfait), c’est à l’issue de la troisième, « comme deux enfants heureux de se retrouver », que l’on retrouve la séquence mains jointes et course.

    Guerre, mort, amour, ces ingrédients traditionnels sont ici distillés avec justesse et subtilité, dans un ton sobre qui sait jouer de plusieurs niveaux à la fois : la « chanson d’amour » sert de point de départ à la narration d’une « histoire d’amour », manière de mise en abyme brièvement légendée par la formule « que ce soit sur scène ou dans la vie réelle ».

Ajouter un Avis

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.